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la
nuit de l'ankou III
Dans la tradition
bretonne, l'Ankou est la personnification de la mort.
Son aspect est tantôt celui d'un squelette drapé dans un
linceul, tantôt celui d'un vieil homme grand et maigre aux longs
cheveux blancs, coiffé d'un large feutre. Ses prunelles sombres
reflètent la flamme d'une bougie, celle de la vie qu'il s'apprête
à emporter. Sa tête tourne comme une girouette pour embrasser
la totalité de la region qu'il contrôle. Sa faux est emmanchée
à l'envers car il ne fauche pas le blé mais les âmes
, Selon les paroisses, il est le premier ou le dernier mort de
l'année.
Aussi est-ce toujours avec angoisse que les anciens bretons vivaient
les heures suivant ou précédant les douze coups de minuit!
L'Ankou transporte l'âme des défunts sur une charette branlante,
le karrik ou karriguel ann ankou , dont l'essieu est mal graissé.
Cette charette fait entendre un grincement particulier ,
reconnaissable de loin. Deux chevaux y sont attelés: celui de
devant est maigre et efflanqué, celui du limon est bien
robuste. Deux compères l'accompagnent dans sa sordide tâche.
Autrefois, il existait des chemins prévus pour la charette
des morts, qu'empruntaient aussi les convois funèbres. En général,
ces voies étaient d'anciennes routes bourbeuses, défoncées
par les pluies,très mal entretenues et abandonnées
depuis longtemps. Mais il eût été sacrilège
que les morts n'empruntent pas le même chemin que leurs ancêtres.
Malheur à celui qui n'y prend pas garde et entrave la marche
de la mort! Il était tout aussi dangereux de croiser l'attelage
du faucheur breton pendant la nuit - domaine des défunts, des
âmes errantes et sans repos ainsi que des autres êtres malfaisants
que tout bon chrétien doit éviter. Car ceux qui se sont
risqués à voir la mort à l'oeuvre n'y survivaient
guère longtemps.
Le domaine privilégié de l'Ankou se trouve dans les
Monts d'Arrée, dans le Finistère ( Penn ar Bed en breton).
Chaîne de montagnes austère et aride, d'où
il pouvait dominer tout le pays qu'il avait mission de parcourir. C'est
dans cette même région, non loin de Brasparts, que les
anciens bretons situaient les Portes de l'Enfer, le Yeun Elez. Un lieu
sauvage, hostile et inhospitalier, cerné par la tourbière
et aujourd'hui submergé par un lac de rétention pour la
centrale nucléaire de Brennilis.
Surplombant le réservoir, le Mont Saint Michel de Brasparts ou
Menez Mikael , et sa chapelle veillent.
Par le trou du Youdig , les âmes damnées tombaient dans
les entrailles de la terre tandis que les heureux élus patientaient
dans cette minuscule chapelle pour être emmenés au Paradis.
Jamais personnification de la mort n'a été aussi impressionnante
que l'Ankou breton.
La croyance populaire a forgé un être doué d'une
consistance remarquable, presque palpable tant il effraie et frappe
l'imagination. L'on ne peut s'empêcher de frissonner d'effroi
avec les protagonistes qui ont, une nuit, croisé le chemin du
sinsitre faucheur.
Les contes, légendes et autres témoignages notés,
transcrits et compilés dans un recueil par Anatole Le Braz, à
fin du XIXeme siècle, ont contribué à cette force
narrative. C'était au temps où nos campagnes étaient
encore plongées dans une totale obscurité, bien avant
que la Fée electricité couvrent les ténèbres.
Lorsque l'homme était attentif au moindre bruissement d'arbre,
au moindre hullulement de chouette, au moindre bruit inhabituel et surnaturel
qu'il interprêtait comme un intersigne. C'était une autre
époque. Une époque où les vivants, tout en la craignant,
acceptaient la compagnie de la mort.
Le parcours
durée :
90 km. balade de nuit.
difficulté :  
toute l'année
particularité :
de nombreux bourbiers très gras en hiver, quelques
passages étroits dans les chemins creux... sinon la balade peut
se faire en pneus mixtes le reste de l'année par temps sec.
Une suspension réhaussée
serait un atout pour affronter certaines difficultés du parcours
départ : vannes
arrivée : Ruffiac |